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:: Magazine L'Artisanat en Pyrénées Atlantiques

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Liste des articles :
Avec la participation du magazine :
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L’art de glasser

Interview de Laurent Dabat (Glasseur)

Le glasseur est l’homme de la finition pour les planches de surf. A Anglet, Laurent Dabat officie depuis 13 ans dans le métier. Dans son atelier Glassystem, la fibre de verre et la résine sont comme la farine et les œufs du pâtissier. Rencontre avec ce jeune artisan, qui fabriqua sa première planche à Paris.

D’emblée le voilà qui plante le décor. « Le surf n’en finit pas de faire des émules au moins depuis 10 bonnes années et nous sommes loin de pouvoir traiter toutes les planches du marché. L’été, on ne touche pas terre, non pas que l’on soit sur les vagues, mais bel et bien dans la poussière de l’atelier ». Quatre fabricants de planches, shapers des Landes et du Pays-Basque, sous-traitent à Laurent Dabat les travaux d’étanchéité de ces beaux objets préalablement façonnés en mousse de polyuréthane. Le traitement du glasseur jouera sur le comportement de la planche.

Un soin extrême accompagne chacun de ses gestes. Un coup d’ongle dans la mousse est si vite arrivé. Le glasseur bannit la moindre aspérité et rend un objet parfaitement lisse et étanche. Sur la planche en mousse, il pose un voile de fibre de verre, pratique une découpe sur-mesure puis entame la délicate application de la résine. Délicate parce qu’urgente. Laurent n’a que quinze minutes pour enduire la fibre avant que la résine ne durcisse. Son geste virtuose pour le néophyte est calculé. S’il incline trop la spatule le résine fait tas et, selon la force avec laquelle il appuie, l’effet sera différent. Son regard est affûté son ouie également. Le son produit par les couches successives sur le voile tramé détermine l’avancée du travail. « C’est un geste répété mais sans cesse peaufiné à l’aide des sensations que je ressens à force de manipuler ces matières. Je suis dans la résine » explique-t-il avec le sourire. Après le séchage, on en remet une couche, puis la planche se fait belle au ponçage, ultra délicat également, avant les dernières coquetteries du vernissage. Ici la mode à son mot à dire. « Je fais beaucoup de résines teintées et de finition lustrée. Ces planches brillantes reviennent au goût du jour ». Bien que sous-traitant, Laurent Dabat connaît les clients de ses clients. « Je reçois la planche du shaper avec une fiche qui donne le poids du surfeur son profil, amateur ou compétiteur, ses spots favoris. Je stratifie différemment une planche qui ira à l’eau dans les Landes ou sur la Côte Basque ».

Laurent Dabat s’est fait une place dans la profession. Un beau parcours depuis l’époque où il a quitté Paris pour revenir sur la terre basque où sont ses racines familiales. L’avenir selon lui est au regroupement. De l’investissement, ces métiers en ont besoin pour faire face à la demande, mais ils ne pourront pas être assumés par des artisans isolés. Laurent Dabat et d’autres professionnels du surf penchent pour une structure commune offrant de l’espace et un outil de travail aux normes anti-pollution. Une étude de marché et de faisabilité financée par le Chambre de métiers des Pyrénées Atlantiques devrait leur apporter des réponses. Au sein de l’Association Clean Shaper, Laurent Dabat, le shaper Alexandre de Sonis et Benoît Dandine de la Chambre de métiers recherchent des solutions pour traiter les résidus de la production de planches et assurer la sécurité sanitaire. Enfin il y a cette idée de mobilier en résine qui trotte dans la tête. Qui sait si dans quelque temps nous ne reviendrons pas voir Laurent Dabat, le designer.   Jean-Louis Bordenave

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Le label des Maîtres

Interview de Didier Dauba (Carrossier)

Ils sont 262 Maîtres-Artisans recensés dans les Pyrénées Atlantiques. Leur qualification assure la reconnaissance d’un savoir-faire artisanal, véritable enjeu de qualité envers le consommateur. Ce titre témoigne aussi d’un véritable investissement de la part de ces passionnés. Exemple à Lons avec Didier Dauba, un jeune carrossier.

Maître Artisan. Ce titre reflète l’amour d’un métier et marque clairement le talent d’un professionnel. Le macaron Bleu et Rouge apposé sur la devanture de certaines boutiques est incontestablement un gage de qualité. Les itinéraires rigoureux, fondés sur la minutie, élève ces artisans-experts, épris de belle besogne, au rang de références de la profession. Leur passion du métier est bien souvent cultivée dès les premières heures de l’apprentissage et se traduit ensuite de manière extrêmement variée. « Voilà 14 ans que je suis carrossier. J’ai décidé de lancer mon entreprise il y a 5 ans» confie Didier Dauba. « Je suis parti de rien, j’avais seulement 2 500 euros sur mon compte en banque » souligne ce landais pure souche. En quelques années, sans tapage, le jeune carrossier s’est créé une clientèle fidèle dans son atelier de Lons qu’il a équipé d’une cabine de peinture. Son sérieux, son habileté et sa disponibilité ont rapidement été connu et apprécié de tous : sa marque de fabrique en quelque sorte. Et comme Didier y ajoute une adresse naturelle, l’affaire prend rapidement son envol. Au point d’embaucher Cédric, son apprenti.

Mais là où certains auraient pu s’endormir sur leurs lauriers, Didier, avec la soif d’apprendre qui le caractérise, a décidé d’aller plus loin. Il veut obtenir le Brevet de Maîtrise, diplôme incontournable pour devenir Maître Artisan. C’est donc armé de courage qu’il vient de reprendre son cartable. « C’est du costaud, surtout quand on a arrêté les études pendant de nombreuses années». Un choix qu’il justifie sans détour « Sans ambition, c’est pas la peine de se lancer. J’avais déjà fait une première tentative à 27 ans, mais elle n’avait pas abouti. Je n’étais pas prêt en terme de gestion. Il ne suffit pas à l’artisan d’être habile de ses mains, encore faut-il qu’il sache gérer son entreprise. A 27 ans, j’étais trop jeune ». A désormais 34 printemps, Didier peut en plus s’appuyer sur son salarié en qui il a une totale confiance.

Les enjeux de ce diplôme sont importants. Parce qu’il symbolise bien une volonté farouche de suivre l’évolution de son métier, parce qu’il apporte la garantie d’une qualité irréprochable pour le client… il est un atout majeur dans la compétition économique que doivent affronter les entreprises artisanales. Mais, Didier voit plus loin. « En fait, à terme, j’aimerais mettre mon entreprise en gérance et partir dans l’éducation pour former des jeunes au métier » avoue-t-il.

En attendant, pour lui, tous les jeudis soir, ce sont des cours du soir à la Chambre de métiers. Auxquels il faut rajouter, tout le travail personnel à faire durant la semaine. Désormais, lorsque vous verrez le logo Rouge et Bleu apposé sur la porte, vous comprendrez tout ce qu’il représente en termes de passion, de savoir-faire, de talent et de travail.   Laurent Bergerou

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Il y a un scientifique dans l’atelier

Interview de Laurent Fenneteau (Ebéniste)

Quand la physique et la chimie rencontrent un ébéniste comme Laurent Fenneteau, ça donne une technique de conservation du patrimoine… unique en Europe !

C’est vrai qu’avec ses petites lunettes et son air d’ingénieur qui me reçoit entre deux ordinateurs, Laurent Fenneteau n’a pas vraiment le look de l’ébéniste traditionnel… qu’il n’est pas. J’ai pourtant admiré en passant dans l’atelier de beaux meubles anciens, entraperçu une marqueterie, reniflé la traditionnelle odeur de vernis au tampon mais remarqué aussi une paillasse de chimie de carrelage blanc, de drôles d’appareils de mesure qui contrastent avec les ciseaux à bois venus tout droit du Moyen Age. « J’ai toujours eu une âme de scientifique plutôt que d’artiste et quand j’ai découvert qu’il existait une formation en physique chimie appliquée à la restauration de meubles anciens, j’ai foncé ! » Et là « ce fut l’illumination, c’était ça l’avenir ! »

Il faut dire que le formateur n’était autre que Gilbert Delcroix, une sommité dans la conservation des œuvres d’art, ingénieur de l’Ecole Centrale passé de la mécanique des sols à une maîtrise d’archéologie orientale avant de terminer par un doctorat de physique nucléaire ! Une rencontre déterminante puisque depuis six ans Laurent se forme avec lui dans une démarche qui, bien au-delà de la rénovation qui garde une démarche de fabricant dans les techniques d’intervention, présente « une démarche scientifique et historique pour l’intégrité et la pérennité de l’objet ».

Pour faire simple, devant un pied de meuble abîmé par exemple, l’ébéniste rénovateur remplacera le pied alors que le restaurateur-conservateur consolidera le pied d’origine « en prenant en compte la nécessité absolue de conserver un maximum de l’originel lors de l’intervention ».

Et mine de rien, ça se passe chez nous en Béarn, à Gelos, Laurent Fenneteau a mis au point avec Gilbert Delcroix une technique unique qui donnera lieu à une publication et a d’ores et déjà donné naissance au Centre Européen pour la Restauration du Mobilier : « nous parvenons à refaire le bois en en gardant la couleur et le poids alors qu’aujourd’hui personne ne sait le faire ! » Joignant le geste à la parole, il me met sous le nez un petit meuble dévoré de toutes parts, bon à jeter mais qu’il ne jettera pas : « je le consoliderai avec une résine vinylique puis j’injecterai une résine époxy sous vide ou par immersion en utilisant un logiciel que nous avons mis au point pour déterminer les quantités ». Bref, après quelques manipulations, le meuble aura retrouvé son aspect d’origine et repartira pour une nouvelle vie qui peut durer 1000 ans comme la résine époxy ! « Par contre, nous assurons la réversibilité des assemblages en utilisant les colles traditionnelles comme la colle de poisson ou la colle chaude » sauf que là encore, notre Géo Trouvetout a concocté une manière bien à lui de chauffer la colle !

Parce que n’oublions pas que malgré ses options futuristes, le petit garçon qui n’aimait rien tant que traîner dans l’atelier de ses père et grand-père ébénistes à Doué-la-Fontaine en Anjou, a étudié la « vieille école » de la grande ébénisterie au château d’O à Alençon en restaurant des meubles du Grand Trianon !   Marie-Pascale Ollivier

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Les chaisiers vont relancer leur fête

Interview d'Eric Duclau (Chaisier)

A Came, dans le canton de Bidache, la chaise est devenue une institution. La nouvelle génération d’artisans camots élève le métier de chaisier au rang de l’art. Exemple avec l’un d’entre eux, Eric Duclau.

Dans notre département, nombreux sont les sites ou lieux identifiés à une image qui fait leur réputation. Came en fait partie. Ce village assoit, depuis le temps des cagots, sa renommée grâce à ses chaisiers.
Ils sont sept à ce jour. Tous âgés de la quarantaine, ils sont en train de laisser leur empreinte. « On ne fait quasiment plus de chaises basiques, type chaises de cuisines. On est désormais orienté dans le très haut de gamme » explique Eric Duclau, qui a repris l’atelier familial, comme tous ses confrères.

Le savoir-faire ancestral est perpétué ; les méthodes de fabrication sont identiques. Les modèles ont quant à eux évolués, tout en restant fidèles à l’esprit de la chaise de Came : l’assise est paillée, des barreaux assurent la jonction entre les pieds, aucune traverse n’est apposée au niveau de l’assise et, bien souvent, une palmette vient agrémenter le dossier.

Les lignes sont simples, élégantes et la finesse des éléments met en valeur la beauté des essences (chêne, merisier, noyer) travaillées à Came. À chacun son design ensuite, pour répondre à des demandes particulières ou tout simplement pour séduire le public.

Et lorsque Eric se lance dans la création, l’atmosphère de l’atelier est comme figée. Les poussières s’élèvent lentement, le frottement du bois contre les scies et autres rabots assure un fond musical, tenons et mortaises s’enlacent comme par enchantement… l’ambiance semble respecter la précision et la délicatesse des gestes de cet artisan d’art.
La teinte, le vernis et la cire permettront de souligner les veinages du bois avant que la paille de seigle ne vienne s’étirer et se tresser sur l’assise.

Fort de son authenticité et de son image traditionnelle, la chaise de Came séduit au-delà de nos frontières basques et béarnaises. Plus de 1 000 chaises sortent chaque année du petit atelier d’Eric. « J’ai une clientèle régionale de particuliers puisque je fais les foires de Bordeaux et de Bayonne mais certains expédient des chaises jusqu’aux USA et au Japon ! ». Des clients qui n’hésitent pas à y mettre le prix (comptez environ 230 euros par chaise) mais qui ont l’assurance d’avoir un produit qui durera plusieurs décennies.

« Cependant nous nous sommes rendu compte que la notoriété de la chaise de Came a baissé dans la région. La population locale a changé, et il y a toute une frange de nos voisins qui ne connaît pas le village. Aujourd’hui, on travaille dans l’anonymat » avance même Eric. « Aussi, nous avons décidé, tous ensemble, de relancer la fête des chaisiers pour l’été 2006. La dernière édition remonte à 1990. Nous préparons une exposition à laquelle nous comptons joindre les associations du village ». Un dynamisme qui s’explique très certainement par les mots d’Eric Duclau : « Un bon chaisier ne s’assoit jamais » confie-t-il dans un large sourire. Rendez-vous est donc pris.

En ayant élevé leur métier à un haut niveau d’exigence, en maîtrisant leur tour de main, en respectant la matière, tout en jouant un rôle prépondérant dans la vie locale, tant sur le plan économique que sur celui de l’animation… les chaisiers de Came ne sont pas prêts de quitter notre patrimoine. Mais au-delà de cette perspective réjouissante, ces artisans-là sont bien la preuve, s’il en fallait, que l’on peut créer et en vivre, chez nous, en Pyrénées Atlantiques.   Laurent Bergerou

Michel Malou 05 59 56 02 85
Pierre Lataillade 05 59 56 42 93
Roger Gestas 05 59 56 02 71
Jean Gestas 05 59 56 02 65
Jean-Pierre Charviat 05 59 56 02 98
Eric Duclau 05 59 56 02 60

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Une passion fleurie

Interview de Matthieu Rebberg (Fleuriste)

Le bayonnais Matthieu Rebberg exerce avec talent son métier de fleuriste. Il possède une créativité hors du commun, reconnue par ses pairs. Rencontre

« Je suis né dans un magasin de fleurs avec des orchidées plein la tête » lance un brin amusé Matthieu Rebberg. Ce Bayonnais de 32 ans n’est en fait pas très loin de la vérité. Les fleurs sont pour lui une véritable passion. Ce qui explique un parcours placé sous le signe des roses, des bégonias et autres tulipes.

Après un CAP passé chez M. Comet, un fleuriste bien connu sur la place d’Anglet, direction Mont-de-Marsan pour un brevet professionnel facilement décroché. Une formation qui lui permet de donner toute la mesure de son art dans le magasin qu’il exploite à Bayonne à l’enseigne « Le Jardin de Foch ». Mais Matthieu Rebberg ne se contente pas d’harmoniser et de vendre de jolis bouquets. Il a d’autres cordes à son arc. « Je travaille en free lance dans le milieu événementiel » confie-t-il. « L’éventail est très large. Il y a des grands mariages des gens fortunés, l’organisation de salons et autres séminaires ». Et d’ajouter avec conviction : « il faut savoir tout faire avec les fleurs et avoir aussi beaucoup d’imagination. Proposer des soirées à thèmes tout en sachant préparer avec soin extrême le petit bouquet que l’on vient vous acheter ».

Somptueux jardin
Au fil des ans, Matthieu Rebberg se fait un nom dans le milieu. Il fut notamment en première ligne aux Floralies de Pau et dernièrement à celles de Sanary-sur-Mer dans le Var qui restera dans les annales. Pas moins de 45.000 roses avaient été disposées. Un cheminement offert aux visiteurs qui permit à ces derniers de voir l’évolution de cette fleur. Du classique au plus moderne. « On prépare actuellement les floralies de Pau » ajoute le Bayonnais. « Nous sommes un groupe de copains. Le noyau dur comprend une dizaine d’adhérents du club Interflora. Grâce à nos partenaires, on devrait offrir un somptueux jardin ». Et puis, il y a le magasin de l’avenue Foch. « Là aussi il faut avancer » reconnaît-il. « Il ne faut pas se restreindre dans la qualité et les choix. Nous sommes les fleuristes du 21ème siècle ». C’est d’autant moins facile que la concurrence est bien présente. Pas moins d’une vingtaine de magasins à Bayonne mais aussi les grandes surfaces, les franchisés, les jardineries.

Des colliers en fleurs
« On doit dès lors proposer un meilleur service » précise Matthieu. « La qualité doit toujours être présente. Classique ou moderne le bouquet représente une attention particulière ». On évolue, on propose un effet de bouquets carrés, on travaille également beaucoup les accessoires. Le nacre, les rubans, les fruits séchés se marient parfaitement avec les fleurs. « Il faut de plus en plus de créativité » souligne encore le fleuriste bayonnais. Et pour aller encore plus loin dans la démarche, Matthieu vient de se lancer dans les bijoux floraux. Des colliers certes éphémères mais qui possèdent une élégance incomparable. Comme la grande majorité de ses confrères, il se fournit auprès du marché hollandais. Je commande le lundi par internet, le mardi le producteur coupe et le mercredi les bouquets sont sur les étals bayonnais. « Cette rapidité est nécessaire. Il faut que les fleurs tiennent chez le client un maximum de temps. On ne peut pas se permettre d’avoir un bouquet qui ne gardera ses couleurs que 2 jours car la fois suivante c’est un gâteau ou un parfum qui sera offert et non des fleurs ».

Une certitude que le métier a encore de l’avenir. Il s’agit simplement d’être de plus en plus artiste. Se former également car fleuriste est vraiment un métier à part entière. Matthieu Rebberg qui s’est déjà offert quelques concours régionaux en sait quelque chose. Même si c’est avant tout la passion qui le pousse à aller toujours plus loin.   J.P. Allongue

Le Jardin de Foch
24 av Foch à Bayonne
05 59 25 79 76
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Du culte de Jupiter à celui du clou

Interview de Sandrine Blanco (Tapissière - Décoratrice)

Sur les remparts de Navarrenx, Sandrine, au contraire de la sentinelle, n’attend pas l’aurore ni, grâce au bouche à oreille, les clients…

« Le culte de Jupiter dans les provinces d’Aquitaine et de Narbonnaise » à l’époque gallo-romaine bien sûr ! Ca, c’était le sujet de thèse de Sandrine Blanco, étudiante en histoire de l’art et archéologie, bac +5 s’il vous plaît, une licence d’histoire, une licence d’Histoire de l’art plus une maîtrise en archéologie, tête bien faite et jolie aussi tant qu’on y est ! Mais la vie devait en décider autrement et comme on dit souvent pour se consoler, « d’un malheur peut naître un bonheur ». En l’occurrence, en voyant le ravissant atelier de « tapissière- décoratrice » idéalement placé, telle une vigie, sur les remparts de Navarrenx avec une vue imprenable sur les montagnes, on en viendrait presque à bénir l’incendie qui ravagea la maison qu’elle habitait alors, brûlant la thèse sur Jupiter par la même occasion ! « Puisqu’il fallait tout recommencer, j’ai pensé recommencer quelque chose de nouveau » confie-t-elle, d’autant que Sandrine avoue qu’elle avait atterri en fac « un peu par hasard », par défaut dirait-on, et qu’elle rêvait plutôt de devenir costumière de spectacle.

La voilà qui part donc dans le cadre de l’AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) à Decazeville pour une formation de tapisserie d’ameublement et c’est un stage SEMA (Société d’Encouragement aux Métiers d’Art) qui la ramène par ici : « j’ai eu du mal à trouver un stage car le milieu est assez misogyne… » Allons bon ! Heureusement, sur les remparts, Jean-Louis Bernard ne l’était pas et, habitué à prendre des stagiaires, il accepte Sandrine. « J’étais là pile au bon moment puisqu’il avait envie d’arrêter. J’ai repris l’atelier le 1er janvier 2003 ! » De Jupiter aux clous de tapissier, il n’y a pas autant de distance qu’on pourrait le penser car : « le travail manuel ne va pas sans l’intellect, mais je m’éclate bien plus ici que dans les livres ! » Il faut dire que les connaissances d’Histoire de l’art lui permettent de conseiller au mieux des clients qui arrivent avec un siège ancien, comme cette superbe « bergère en bateau » une pièce très rare qui ressemble à une « duchesse brisée » avant qu’on ne la brise… Le siège maintenant tapissé de soie écarlate a effectivement la forme d’un bateau qui embarquerait pour des rêves…Et Sandrine rêve devant ces sièges qu’elle travaille à l’ancienne avec crins, sangles et ressorts, « très peu de mousse », un travail physique mais très satisfaisant, « le plus fastidieux est le dégarnissage ! »

Et comme il n’est pas si facile d’acheminer fauteuils et canapés par l’étroit escalier de pierre des remparts, elle choisit de se déplacer le plus souvent, un service apprécié qui lui permet de voir le siège dans son cadre, de proposer échantillons de tissu et conseils. Pansu avec ses plaids et coussins en tapisserie d’Halluin, Lelièvre ou Boussac font partie de ses éditeurs de tissus préférés mais là, sous mes yeux, le facteur vient d’apporter des échantillons d’une merveilleuse soie brodée de fleurs qui irait tellement bien sur une « duchesse brisée » justement ou une vraie duchesse à robe à paniers !   Marie-Pascale Ollivier

L’Atelier des Remparts
Place des Cassernes
BP 14
64190 Navarrenx
Tel/Fax : 05 59 66 10 90
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La fête du pain

Interview de Jérôme Giraldi (Boulanger)

Il incarne parfaitement la nouvelle génération des boulangers, attentif à l’évolution des goûts et soucieux de travailler en équipe. Rencontre avec un jeune artisan pétri d’expérience et de conviction.

Jérôme Giraldi savourait le Pays basque, ses paysages et ses bons petits plats, seulement le temps des vacances avec son épouse. Jusqu’au jour où il décide de reprendre la boulangerie Ogi Besta à Saint-Palais, stoppant net sa carrière de cadre dans la grande distribution. Le jeune artisan au profil de gestionnaire se retrouve avec un double défi à relever : tenir une boutique en ville et assurer des tournées sur 18 communes. Durant six ans, chaque jour, il restera concentré sur ce qui pourrait être sa devise « entreprendre, exploiter et pérenniser ».

Ogi Besta signifie la « fête du pain »… une enseigne qui illustre bien l’esprit qui règne dans cette boutique, installée dans un ancien chais. Pour Jérôme Giraldi, le client du soir doit bénéficier de la même qualité de pain que celui qui vient aux premières heures du matin. Cela passe par une deuxième cuisson l’après-midi, une pratique encore peu répandue dans la profession. Les boulangers se distinguent dans les métiers de bouche par la diversité de leur production. En centre ville comme en rase campagne, on trouve désormais chez le boulanger du coin une farandole de pains. Ainsi, Ogi Besta nous fait savourer toute l’étendue de sa gamme : les pains aux céréales, au maïs ou au levain et, bien sûr, le pain complet. Toutes ses recettes ne rencontrent pas le même succès, mais qui ne tente rien… « Outre la fantaisie créatrice, l’essentiel de notre métier repose sur un niveau de qualité irréprochable surtout quand les volumes sont aussi importants ». Chez Ogi Besta, les fondamentaux sont là. Au premier rang d’entre eux, la cuisson au four à sole est préférée au four rotatif, allié habituel des grandes quantités. Même exigence du côté des douceurs pâtissières. Des commerciaux ventant les méritent du fond de tarte prêt à l’emploi, il en défile chez Jérôme Giraldi. Mais ils ne font que passer.

Si sa petite entreprise ne connaît pas la crise, c’est aussi parce que le boulanger a pris soin de former une équipe. Parmi ses premiers collaborateurs, on trouve sa femme « sans qui rien de tout cela n’aurait été possible » avoue Jérôme. « Tout cela »… c’est-à-dire 14 salariés, entre 400 et 600 clients au magasin et 1150 en tournée, avec un rôle autant social que commerçant. Loin d’être un mal nécessaire, la formation s’inscrit pour lui dans les missions naturelles du boulanger. Il a pris le parti de pousser les jeunes vers le haut, notamment ses trois apprentis qu’il ne cantonne pas au pétrin. Il leur explique tout sur l’entreprise : de la commande de la farine à la lecture détaillée d’une fiche de paie. En faire des travailleurs responsables et respectables, tel et le dessein de ce boulanger profondément humain : « Dans les métiers de bouche, l’apprentissage est souvent synonyme de louper. Il faut absolument corriger certains travers chez les artisans ». Jérôme Giraldi laisse percer son désir de faire un jour du conseil auprès des hommes du pain, afin de partager son vécu de management. « Cette profession qui a fait évoluer ses produits peut encore améliorer la gestion de ses entreprises » conclut ce passionné.   Jean-Louis Bordenave

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Une palette de talents

Interview de Blaise Bianchi (Peintre)

Des salles du Château de Pau aux intérieurs de maisons portant sa pâte, Blaise Bianchi est un peintre en décor chevronné. Cet artisan, qui dit apprendre tous les jours, fait preuve d’une grande ouverture auprès des jeunes tentés par le métier.

Chez les Bianchi, du sol au plafond, le bâtiment est une affaire de famille. Enfant, Blaise a grandi au milieu des carrelages posés par son père. Pendant que son frère continuait dans cette activité, lui développait sa fibre artistique en se formant au métier de peintre en décor. Deux ans de formation à Bordeaux et la rencontre avec un Compagnon lui donne les clés de ce métier aux multiples facettes.

Pour l’artisan lonsois, il ne se passe pas de jour sans découverte. Pour stimuler son art, Blaise Bianchi voit du pays. Il se forme en Languedoc mais aussi au Maroc pour parfaire sa technique du « tadelakt », un enduit hydrofugé utilisé dans les hammans et qui s’entend à merveille avec une salle de bains contemporaine.

Du dialogue avec les clients et de l’observation de l’artiste naissent les compositions de couleurs, les effets de matières. Rien ne lui échappe de ce qui se fait de nouveau dans le textile ou le carrelage. Mais pour qui travaille les matières et les surfaces, mieux vaut connaître l’envers du décor, c’est-à-dire l’état des murs. Pour cela, Blaise Bianchi s’appuie sur ses années d’expérience au côté de son père dans le bâtiment. « Faire le diagnostic d’un mur, choisir les produits appropriés ça ne s’improvise pas. Un bon peintre en décor ne peut pas se contenter de peindre des petites fleurs au pochoir ». Si aujourd’hui « L’Atelier du Peintre Décors » de Blaise Bianchi travaille à 70 % dans la décoration, c’est parce que la conjoncture s’y prête. « Si les commandes viennent à manquer, il restera toujours le bâtiment », poursuit-il.

Professionnel au talent reconnu, Blaise Bianchi travaille aussi pour les Monuments Historiques. Les murs à la chaux, il connaît. Au Château de Pau, son coup de pinceau fait merveille, tandis que les particuliers sont friands de ses trompes l’œil. Ils lui confient aussi des meubles pour décoration et des pièces d’eau où ses talents s’expriment entre faux bois, carrelage et peinture.

Car le savoir-faire de Blaise Bianchi est complet et surtout transmissible à tous. Membre d’A3, l’organisation professionnelle des Artisans de l’Ameublement d’Aquitaine où l’on se bouge pour assurer la transmission des savoirs aux plus jeunes, il admet avoir la fibre pédagogique : « Je ne dis jamais non à qui veut apprendre à mes côtés ». Chaque année, environ 10 personnes partagent son expérience. Actuellement, c’est au tour d’un jeune Oloronais, qui rêve de s’installer, de faire le mélange des couleurs sous la tutelle bienveillante mais réaliste de l’artisan.  Jean Louis Bordenave

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Le banquier devenu pâtissier

Interview d'Hervé Lanouguère (Pâtissier)

En Soule, la gourmandise compte un nouvel allié. Hervé Lanouguère a troqué son attaché-case pour l’emporte-pièce du pâtissier. Il accomplit son rêve : vivre et travailler au pays.

Cet homme a changé de vie sans changer d’horizon. Hervé Lanouguère, 33 ans, a dit au revoir à la banque pour se lancer dans la pâte à biscuits et la crème à gâteaux. Le tout jeune entrepreneur voulait s’installer à son compte et toujours en Soule. Sept mois de formation et un CAP de boulanger plus tard, il lance sa propre biscuiterie, baptisée Okina (le boulanger, en basque) et installée à Idaux Mendy à deux pas de Mauléon.

L’ancien chargé de clientèle, passé également par la société de capital-risque Erikoa, cuisine aujourd’hui de délicieux biscuits secs, nature ou à la noisette, de généreux gâteaux basques ainsi que des pastis. Hervé Lanouguère façonne ses gourmandises avec le plus grand soin. Cela passe, bien sûr, par le choix des ingrédients qui tombent sous la loi de l’origine souletine : la minoterie Etché de Mauléon pour la farine, les œufs Lapeyre de Tardets et la confiture de Gilles Butturini d’Alos-Sibas-Alense. Comme pour beaucoup de reconvertis, la détermination d’aller au bout des choses est un moteur quotidien.
« Je ne me vois pas travailler autrement que de manière artisanale. Fabrication, livraison et vente occupent toute ma semaine. Je garde la comptabilité pour le week-end » : le jeune biscuitier reconnaît que la tâche n’est pas mince pour qui lance son affaire. Les tracasseries administratives n’ont pas disparu de l’horizon du créateur d’entreprise mais heureusement il y a les réseaux d’aide aux porteurs de projets, particulièrement actif en Soule. « Après avoir cotisé aux deux premiers Clej (Club d’Epargne pour les jeunes) de l’association Azia, j’ai bénéficié d’un prêt à taux zéro. La solidarité active est caractéristique de la Soule » fait remarquer Hervé Lanouguère qui a également reçu le soutien de la Chambre de Métiers et de l’Odace (Centre d’appui aux entreprises à Mauléon).
Travailler au pays cela va de pair, selon lui, avec un engagement dans la vie du canton. Hervé Lanouguère est adjoint au maire de Garindein et vice-président de la Communauté de Communes de Soule.
Le jeune artisan doit maintenant développer son réseau commercial. La confiance des patrons de petits commerces, boulangeries, épiceries fines ou supérettes, lui a mis du baume au cœur. La Soule a adopté les gourmandises Okina. Gageons qu’elles feront rapidement de nouveaux adeptes dans tout le 64.  Jean-Louis Bordenave

Okina
Tél 05 59 28 25 79.
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Du bois dont on fait les hommes

Interview de Valentin Bernadicou (Scieur)

S’il scie, Valentin Bernadicou ne sciera sûrement pas la branche sur laquelle il est as-scie ( !), bien décidé au contraire à enraciner un peu plus l’entreprise familiale…

« J’adore la forêt mais je n’y met plus les pieds » regrette Valentin Bernadicou…Il ne peut pas tout faire, déjà, là, il est en vacances et me reçoit chez lui devant une montagne de paperasses qu’il faut bien regarder.
Valentin Bernadicou, fils de Pierre, petit-fils de Pierre-Calixte, arrière-petit-fils de Modeste quatrième génération dans le village d’Arette, « scie depuis l’âge de douze ans » et en fera bien sûr son métier. C’est Modeste qui installe la scierie avec une « scie battante actionnée par turbine à eau pour sciage à façon », et c’est Pierre, le père de Valentin qui développera l’autre branche ( !) de l’activité familiale : l’exploitation forestière.
Valentin quant à lui partira à Dax faire une formation d’affûteur : « le poste le plus délicat dans la scierie puisqu’il faut maîtriser parfaitement l’affûtage des lames ». S’il avait eu un frère, c’est sûr, Valentin lui aurait laissé la scierie et aurait choisi l’exploitation forestière, « parce que l’exploitant forestier est le jardinier de la montagne » dit-il avec comme un nuage rêveur dans ses yeux bleus. Las, la forêt, il n’a plus guère le temps et ce sont deux indépendants qui s’occupent de « débarder » puis transporter le bois jusqu’à la scierie. Il touche à toutes les essences de bois, Valentin, et s’il exploite surtout les forêts de sapins et de hêtre communales gérées par l’ONF, il achète peuplier, frêne, châtaignier, merisier chez les particuliers. Un métier délicat puisqu’il faut faire l’estimation des lots avant de les acheter. « Ca nécessite une grande connaissance et beaucoup d’expérience du bois » puisque parfois: « on se fait « couillonner » par les bois gélifs, gelés à l’intérieur et ça ne se voit pas ! »

Le meilleur bois part vers la scierie et la vente en grumes, et le moins bon vers le bois de chauffage : « mais par rapport à la concurrence, je trie encore le bois de chauffage ! Je ne vends que du facile à fendre et l’autre, il part aux papeteries ». La concurrence dans le secteur est en effet rude, il suffit de compter les scieries restantes…Valentin Bernadicou, lui, s’en sort « avec beaucoup d’heures » et en jouant les « plus » : plus de qualité, plus de disponibilité, plus de réactivité. Côté scierie, il s’est fait une spécialité de la charpente en sapin « celui des Pyrénées qui par rapport au sapin du Centre plus courant, est plus solide et plus dur même s’il est plus lourd ». Et puis bien sûr, le charpentier qui a passé commande d’une charpente et doit changer des poutres non prévues et non standards, va trouver une solution rapide chez Valentin : « le sur-mesure, ce qu’on appelle le débit sur liste, c’est notre force, sans compter le choix des meilleurs produits de traitement du bois de charpente, bref une garantie de qualité ».

« Toujours faire au mieux » en direction des professionnels comme des particuliers, ce pourrait être la devise de notre « monsieur plus » sans compter que l’essayer c’est l’adopter, et le bouche à oreille fonctionnant, dès qu’un client s’approche, il devient captif, de la qualité certes, mais aussi de la gentillesse et de la convivialité de Valentin. C’est ainsi que de proche en proche, jouant les « forces de vente » grâce à l’espagnol qu’il pratique pas trop mal, Valentin se retrouve « à l’exportation » : la grume de hêtre trouve preneur vers Pampelune, le frêne à Valence, un autre client au Portugal…Tant et si bien que la scierie de papa ne suffit plus et qu’elle va être réimplantée à l’extérieur du village dans un endroit plus spacieux avec un matériel plus moderne qui permettra de doubler le rendement puisque la scierie Bernadicou d’Arette refuse des commandes !   Marie-Pascale Ollivier
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Le plastique c’est fantastique

Interview de Manuel Da Silva (Menuisier)

Ce refrain-là, voilà 10 mois que Manuel Da Sila le fredonne. A 38 ans, cet artisan bayonnais vient en effet de créer sa deuxième société dans le secteur du bâtiment. Cette unité de production de menuiseries PVC propose un service de qualité avec des délais records. Rencontre

La menuiserie, Manuel il connaît. Voilà 8 ans déjà qu’il a créé sa 1ère société de pose de portes et de fenêtres en bois, aluminium ou PVC. Le nom de celle-ci, MDC, ne vous dira peut être pas grand chose mais sachez que les grands du secteur (Cancé, Labastère…) font régulièrement appel à lui en tant que sous-traitant. Un véritable gage de savoir-faire. Dernier chantier sur lequel il est intervenu, celui du tout nouveau siège de la BAMI à Bayonne. Une fierté pour lui.

« Mais, après 7/8 ans d’activité, je commençais à tourner en rond ». Rien d’étonnant vu le caractère dynamique de notre homme. « C’est ainsi que j’ai monté au mois de mars 2004 une unité de production de menuiseries PVC. Baptisée « Mensuiserie de St Esprit », cette structure semi-industrielle dotée d’une souplesse artisanale, nous permet d’être super-performant dans les délais de livraison ». Et c’était bien là l’objectif de cette création. Quand il faut compter 4 à 5 semaines pour obtenir une fenêtre en PVC par le circuit habituel, Manuel et son équipe ne mettent que 8 jours. Avec un tel argument, nul doute que la croissance est exponentielle. Le tout bien sûr sans altérer la qualité des produits.

Dans un entrepôt remis à neuf grâce aux financements du conseil général et des fonds européens, les barres de profils sont débitées, usinées, soudées, ébavurées et vitrées. Des techniques de fabrication pour lesquelles Manuel s’est formé, accompagné régulièrement par le fournisseur de la matière première. Tous les 3 mois, ce dernier vient d’ailleurs effectuer un contrôle.

Avec déjà 2 emplois créés, qui viennent s’ajouter aux 6 de MDC, Manuel ne compte pas s’arrêter là. Depuis son bureau design – modelé entièrement de ses mains expertes-, aux murs tapissés de toiles d’un artiste bayonnais, ce jeune artisan voit bien ses compétences s’étendre du côté du sud des Landes voire des Hautes Pyrénées.
S’il a la lucidité de reconnaître que c’est la sous-traitance qui l’a aidé à prendre son envol, dans une période où l’immobilier a le vent en poupe, Manuel espère bien que la TVA à 5,5% sera reconduite. « Si c’est le cas, les métiers du bâtiment auront encore de belles perspectives ». Ainsi le parcours de ce passionné de golf devrait connaître se dérouler sans embûche.  Laurent Bergerou

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La fine fleur des tanneurs

Interview d'Emmanuel Garat (Tanneur)

La tannerie Garat d’Armendaritz fournit quelques-uns des plus prestigieux bottiers au monde en cuir à semelle. Depuis deux siècles, le dogme de la qualité n’a subi aucune entorse. Patience et expérience président aux destinées de la maison Garat.

Mieux vaut avoir le cuir épais pour exercer ce métier soumis à une industrie particulièrement cyclique. L’atelier Garat a dû trouver une nouvelle orientation en 1995 lorsque ses clients, fabricants de chaussures haut de gamme pour enfants ont choisi de délocaliser leur production et leur approvisionnement. L’activité porteuse se situe désormais dans la botterie de luxe et l’orthopédie.
« Nous avions 50 gros clients avant 1995, nous en avons 300 petits aujourd’hui. Nous sommes passés de l’artisanat à l’épicerie fine » lance Emmanuel Garat. Une épicerie où l’ingrédient incontournable est l’extrait de châtaignier. Ce tanin végétal, sous forme de poudre, ressemble à s’y méprendre à du cacao. Il entre dans 90 % des bains où sont plongées les peaux.
Deux types de peaux sont tannés ici. Le croupon un cuir lourd provient, climat oblige, de races nordiques tels les bovins de Bavière. Il est idéal pour façonner des semelles étanches et résistantes à l’abrasion. Le collet, plus fin, issu de races bretonnes ou normandes, sied aux chaussures orthopédiques.

Sitôt livrées, les peaux subissent les premiers soins appelés « travail de rivière ». Hydrater les croupons, dissoudre le poil, éliminer les chairs, rétablir un PH neutre indispensable à l’action du tanin, la préparation d’un cuir est particulièrement gourmande en savoir-faire.
Par la nature des choses, Emmanuel Garat et son père ainsi que Pierre et André, les deux employés, sont polyvalents. Laisser faire le temps, cela vient après. Les peaux sont mises à tremper entre 4 et 6 mois dans un bain d’eau et de tanin, la fameuse poudre extraite du châtaignier. Après quoi, la messe est loin d’ être dite.
Des tonneaux pivotants, tels d’énormes lessiveuses, avalent les cuirs afin de rendre la coloration homogène. Essorés, séchés, découpés, dérayés (rabotés), lissés, puis enfin cirés, les croupons arrivent en bout de chaîne, anoblis par la minutie de ces quatre hommes. « Avec tout ça nous sommes un peu les derniers des Mohicans » sourit Emmanuel, 31 ans qui outre sa présence dans l’atelier, pilote aussi la partie commerciale. Une fois l’an à Paris il visite ses principaux clients, John Lobb, Berluti, Massaro ou encore la jeune marque en vogue Pierre Corthay.
Sous ces chaussures du luxe, aux étiquettes parfois vertigineuses, les cuirs d’Armendaritz apportent le confort et le fini auxquels aucune gomme ne pourra jamais prétendre.   Jean-Louis Bordenave

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« La parisienne » mie-Pau, mie-Elysée

Interview de Jean Lamazou (Boulanger)

Le boulanger palois Jean Lamazou, bien que retraité, prend toujours autant de plaisir devant son fournil. Il a mis au point, une nouvelle baguette « à l’ancienne » mie-paloise, mie-élyséenne.

Jean Lamazou ne se voyait pas casser le rythme de sa vie professionnelle. En accord avec ses enfants, Christian, 44 ans, et Régine, 41 ans, qui ont pris sa succession dans les trois boulangeries de Pau, dont il reste gérant, il accomplit une tournée de livraison jusqu’à Tarbes et Lourdes, tous les matins à 5 heures. Ainsi, bien qu’à la retraite, âgé de 72 ans et membre de l’association du professeur Calvel, véritable ambassadeur du pain français dans le monde, il est toujours présent dans la boulangerie qu’en 1938 son père a créée, 46, rue d’Etigny, où il a eu le bon goût de conserver le décor de l’époque.

Le « pain béarnais » toujours là.
Après un diplôme de comptable, Jean Lamazou, a appris son métier sur le tas dans plusieurs maisons de la région, dont celle de Dodin à Biarritz, au temps de Samuel Garrigues, avant de rejoindre le giron familial. Il débuta comme apprenti-pâtissier, mais il délaissa rapidement la pâtisserie pour se consacrer essentiellement au pain, sa joie de vivre ! « Je ne sais pas ce que vous leur avez raconté, mais tous ne parlent que du boulanger », lui rapporte un enseignant qui avait demandé à ses élèves de prendre contact avec cinq professionnels de métiers de bouche, pour qu’ils leur expliquent leur travail en amont de la consommation.
En 1975, il concocte le « Pain béarnais » qui est toujours d’actualité, vingt-neuf ans après, et qui se vend également sous forme de 12 à 15 000 petits pains tous les matins. Aujourd’hui, « La parisienne » est la dernière née de ses mains.

Le secret des ferments
Comme son nom l’indique cette baguette à l’ancienne a une histoire qui débute à Paris. Elle a les faveurs de l’Elysée, de l’Hôtel de Crillon et de certaines grandes tables de la capitale. Un employé de Jean Lamazou a participé à ce succès dans la boulangerie qui la livre. A son retour à Pau, où il retrouve son ancien emploi, il confie à son patron la moitié de la recette qu’il connaît, ce qui incite ce dernier à s’en inspirer et à obtenir un pain inédit. Outre son odeur de brioche, son « alvéolage » caractéristique comme un morceau de gruyère troué, la distingue de la mie en « nid d’abeille » du pain courant. Quelques testeurs ont participé cet été à sa mise au point, jour après jour, avant sa commercialisation en septembre. Si secret il y a, « tout réside dans la multiplication des ferments avant la mise en forme et sans adjonction de farine brune », se borne à dire le maître-boulanger.

Enfin, l’expression « marcher à la baguette » va trouver son véritable sens !
  Christian Bombédiac

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La girouette garde le cap

Interview de Nicolas Rousseau (Ornemaniste)

Drôle de métier venu du fond des temps, l’ornemaniste qu’est Nicolas Rousseau nous emporte à travers les époques jusqu’au retour vers le futur.

Si la première girouette figurait sur la Tour des Vents à Athènes, bâtiment où figuraient des représentations symboliques des huit principaux vents, c’est au Moyen âge que l’on réalise des silhouettes découpées pour orner les clochers des églises et les tours des châteaux. Il faudra tout de même attendre la Révolution pour que la girouette cesse d’être un attribut de la noblesse ou du clergé et vienne orner les maisons des gens ordinaires !
A 28 ans, Nicolas Rousseau ne ressemble cependant pas à une sorte de Gepetto qu’on imaginerait au fond d’un antre, touillant du zinc à la cuillère (!) mais plutôt au jeune entrepreneur qu’il est, parvenu à faire un grand écart à travers les siècles. « Ornemaniste», un métier fleurant bon l’Ancien Temps, le temps où l’on prenait le temps… de décorer son intérieur, les dessus-de-portes, les stucs au plafond, mais aussi les extérieurs, les toits portant fièrement girouette, mais pas seulement : « notre force, c’est que nous ne faisons pas seulement les girouettes ».
L’Atelier MD fabrique également des épis de faîtage et des oeils de bœuf, tout pour décorer joliment un toit, et ils ne sont plus que cinq ou six en France à travailler ainsi à partir de feuilles de zinc et de cuivre qu’ils transforment de « A à Z ».
C’est le père de Nicolas, conducteur de travaux, qui rachète un minuscule atelier, apprend le savoir-faire « sur le tas » au fur et à mesure, et développe l’affaire qui comptera cinq salariés. A l’adolescence, Nicolas vient à l’atelier pour aider son père, apprend à se servir des outils, devient peu à peu autonome et finira par s’occuper de la fabrication tandis que son père développe les marchés. Parti ensuite pratiquer son métier de technicien informatique et imagerie 3D, des circonstances familiales obligent Nicolas à reprendre l’entreprise paternelle : « ce fut très difficile au début ».
La « Hitech » rentre alors dans l’atelier, l’ordinateur côtoie les outils anciens : « on travaille aussi bien avec la haute technologie qu’avec les outils du Moyen Âge ! » s’exclame-t-il puisqu’il utilise son expérience informatique pour découper les motifs et les points cardinaux par la grâce d’une commande numérique et usiner ses pièces avec un logiciel. En tout état de cause, une fois la pièce usinée, elle est retouchée à la main, et rentre dans la danse les marteaux, burins, les outils de mouleurs comme les pelles à graver ou les pointes à tracer, le travail du métal sous toutes ses formes, emboutissage, repoussage, soudures à l’étain qu’apprécie Nicolas qui se reconnaît volontiers manuel. Pas moins de quinze jours de travail seront indispensables pour ces girouettes originales et personnalisées, cette charmante silhouette de jardinière, ce pêcheur ou ce fier chamois sans oublier le coq gaulois sous toutes ses formes !
« Travailleur manuel » à Oloron, Nicolas ne s’enferme pas dans son atelier, appelé par les Bâtiments de France : « on travaille beaucoup sur les châteaux de la Loire » mais aussi les préfectures, les Hôtels de ville en France et en Europe ! S’il fournit également entre autre Point P en girouettes, s’il est le premier en France en épis de faîtage, il essaie de « rentrer au Canada », ce qui ne l’empêchera pas de continuer à fournir un certain charpentier couvreur… à la Martinique !   Marie-Pascale Ollivier

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La signature du surf

Interview d'Axel LORENTZ (Shaper)

Axel Lorentz signe ses œuvres à la lame du rabot. Son pain de mousse quotidien se meut en planche sur mesure pour surfeurs des cinq continents. A 33 ans, il s’est déjà fait un nom dans une profession mythique : shaper
 

Cet artisan pas comme les autres a posé ses valises sur la côte basque à l’âge de 19 ans pour tracer son chemin dans le « surf-business ». Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des meilleurs shapers de France.
Au sens propre comme au figuré, Axel Lorentz a démarré petit. A Bidart, chez son maître Michel Borel, il commence par travailler les chutes de résine pour les décliner avec succès en porte-clés et autres planches miniatures. Après avoir bricolé quelques skates, il se lance sérieusement dans la création de planches de surf et ouvre son propre atelier en 1997, à quelques pas de là.

Dans la galaxie du surf, le shaper est l’homme de l’ombre. Les lumières rasantes de l’atelier lui servent à travailler les lignes qui feront toute la réactivité de l’instrument une fois dans l’eau.
« Nous partons d’une base qui est la planche du client, puis nous engageons la discussion sur son style, son physique pour en dégager le caractère à donner à la planche. Reste ensuite à choisir la déco » confie Axel Lorentz. Il en va un peu différemment lorsqu’il shape la planche de la championne d’Europe Emmanuelle Joly. En observant la jeune femme dans les vagues, il peut imaginer les lignes qui lui permettront d’exprimer au mieux son talent. Toutefois, la réalité du métier est loin de l’image idyllique largement répandue. La poussière envahissante, les vapeurs de résine, les shapers d’une saison qui cassent le marché… l’artisan shaper a souvent du mal à trouver le sommeil, même en comptant les rouleaux.

En 2001, au salon Gliss’Expo de Paris, les planches d’Axel sont remarquées par Chris Garrett, le gourou australien du shape. S’en suit un hiver de travail aux antipodes durant lequel les deux hommes apprennent à se connaître jusqu’à lancer l’idée d’une marque commune. Un an plus tard le projet est bouclé. Garrett et Lorentz signent toujours leurs planches de leur nom mais avec le même label : Surfboards Deluxe. « Notre atelier en retire une reconnaissance internationale sans précédent » souligne Axel Lorentz. Split, la marque montante du surf, vient de signer avec Lorentz pour la fabrication de ses planches en Europe.
Pour se donner les moyens de répondre efficacement à cette réussite, Axel Lorentz a confié le management de sa société à son ami Cédric Jourdrein. Les planches sur mesure ne connaissent pas le « creux de la vague »… sauf pour y puiser une formidable énergie !   Jean Louis Bordenave


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Une fée en mosaïque

Interview de Marie-Anne VIOLLET (Mosaïste)

Sur les hauteurs d’Hasparren, où elle vit en famille, Marie-Anne Viollet réalise depuis quatre ans de surprenantes mosaïques. L’engouement autour de ses œuvres chamarrées ne faiblit pas. Pourtant, à 40 ans la jeune femme se tourne vers un nouvel art. Connaissez-vous les tableaux-collages ?

Marie-Anne Viollet porte un regard tendre sur ses premières mosaïques décorant les murs de sa salle de bains. Nostalgie d’un passe-temps devenu un véritable métier ? Depuis 1999, elle a mûri son style à travers l’ornement d’objets. Miroirs et pots de jardin lui ont fait une belle réputation. D’expositions en salons de l’artisanat, les professionnels saluent l’originalité et la facture irréprochable des œuvres de la jeune femme. Basant sa création sur la faïence ancienne, Marie-Anne Viollet innove en intégrant des matériaux, tels l’ardoise, le tissu ou le marbre. « Je ne me sers jamais d’un crayon ni de papier en préparation à mes travaux. Je dessine directement avec la matière », tient-elle à préciser avec passion.

Le style est tout en rondeur. Les motifs sont légers et naïfs. Mélange de baroque et de rococo ? Chacun jugera… Les couleurs ont la part belle et le ciment-joint est devenu son allié : « Avec la mosaïque traditionnelle, le puzzle de faïence est très serré et le ciment n’a pas vocation décorative. J’ai choisi de l’utiliser pour aérer mes créations ».

L’impact du 13 heures
Rançon du succès, la signature pourtant si personnelle de Marie-Anne Viollet est copiée. Pour contrer ces indélicats, la Bayonnaise de cœur réagit vigoureusement. Elle écrit à la rédaction de TF1. Sa plume fait mouche. Le journal de 13 heures lui consacre un reportage de 5 minutes. Ce 13 avril 2000 donne le coup d’envoi de plusieurs mois de folie :
« Dans la foulée le téléphone s’est mis à sonner sans interruption. C’était inimaginable ! ». Les touristes se ruent alors à Hasparren à la recherche de son atelier. Point d’orgue de cette période, Marie-Anne participe à une exposition au Carroussel des Métiers d’Art du Louvre.

Aujourd’hui, l’artiste se tourne vers une forme de création beaucoup plus intime. Elle se consacre exclusivement à des compositions libres sur support plat :
« Avec mes pots, je pense avoir fait le tour de cet artisanat. Je veux me renouveler ». La faïence s’enrichit désormais de coquillages rares, de boucles d’oreille, de perles de verres ou encore de copeaux d’aluminium. Ses tableaux-collages prennent maintenant le chemin des galeries d’art de la côte basque, à commencer par Hendaye ce mois-ci. Une bonne occasion pour découvrir cette ambassadrice de l’artisanat d’art du département. Jean Louis Bordenave


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Marie-Anne Viollet
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L'homme du bois

Jean-Claude Giuseppi restaure les meubles mais sculpte aussi souches et branches.

Entre Lasseube et Oloron, les vallons boisés du Béarn sont d’ordinaire le sanctuaire où se côtoient chercheurs de champignons et amateurs de promenades bucoliques. Dans leur sillage pourtant, un homme n’a d’yeux que pour les branches tombées des grands arbres quand ce ne sont pas les souches renversées qu’il s’attelle ensuite à sculpter.
Jean-Claude Giuseppi restaurateur de meubles et d’objets d’art est un artiste du bois.
Installé avec son épouse et ses trois enfants dans la paisible commune d’Estialescq, Jean-Claude Giuseppi s’est formé au métier d’ébéniste puis de sculpteur sur bois à Toulon, chez un maître artisan. Ce métier pense-t-il, lui viendrait de son arrière-grand-père qui en son temps fut le maître d’œuvre de la chaire de la cathédrale de Corte. Une certaine prédisposition pour la statuaire sacrée, conduit le jeune artisan à collaborer avec les Monuments historiques à l’occasion de deux chantiers majeurs : à Ajaccio pour la restauration de la cathédrale, et à Toulon où on lui confie la restauration de la Vierge de la cathédrale Sainte Marie de la Sède. L’ordre de mission est complexe, la restauration ne s’entend pas sans son corollaire, la conservation. Jean-Claude Giuseppi ponctue : « Dans un cas pareil il faut se remettre dans le geste des créateurs à l’origine de la sculpture »


Le jeu des petites pièces
A Estialescq, dans son atelier ouvert en 1998, une excellence similaire entoure la restauration des meubles que tout un chacun peut lui confier. Giuseppi est un chantre de la réversibilité. Entre ses mains le meuble ne fait les frais d’aucun passage en force. Les méthodes de restauration ne sont jamais irrémédiables afin de permettre à ceux qui lui succéderont dans le temps, de pratiquer une remise en état de l’objet sans en modifier la structure. L’artisan juxtapose un jeu complexe de petites pièces de bois sur les parties altérées du meuble, méthode qu’il défend en opposition avec une certaine pratique du métier où la facilité pousse à remplacer purement et simplement des pans entiers. Tout ce qui est démontable ou déposable à l’instar de la marqueterie, est traité à l’aide de colle à chaud animale pour garantir une dissociation sans dommage.
Au contact de Gilbert Delcroit passé maître en la matière, Jean-Claude Giuseppi continue de se former aux techniques de la réhabilitation.

Hommage à la vallée d’Aspe
Dans ses sculptures transparaît également le souci de conserver l’intégrité de la materia prima. Sa dernière création est partie d’une discussion avec un ami agriculteur autour d’une souche de châtaignier. Du noueux, du tortueux qui a inspiré à l’imaginaire de Giuseppi une sculpture hommage à la vallée d’Aspe, où l’harmonie du ciselage le dispute à la force du matériau.
Déjà les enfants d’Estialescq ont eu la surprise de voir la vallée débarquer dans leur salle de classe. Jean-Claude Giuseppi est ainsi, il aime le regard des autres sur son métier et ne rechignerait pas à collaborer davantage avec des scolaires. De foire en marché il va, sourire aux lèvres, à la rencontre du public et des amis exposants. Ouvrez l’œil lors des prochaines foires artisanales et tendez l’oreille pour écouter cet homme passionné vous narrer l’histoire de ses personnages. Jean Louis Bordenave

Contacter :
Jean-Claude Giuseppi
Tél. : 05 59 39 21 95

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Un patron heureux !

Interview de Gilles DESPAGNE (Maçon)

Gilles Despagne a créé en février 2002, à Ascain, son entreprise de maçonnerie. Un chef d’entreprise qui respire le bonheur.
« Je n’ai pas vu un jeune venir depuis 7-8 ans ». Amer constat que celui dressé par Gilles Despagne.
« Les jeunes rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail et ils n’ont aucune envie de passer leurs journées dans la boue ou sous la canicule à aligner des parpaings ».
Autre inconvénient, l’activité du secteur de l’habitat a la fâcheuse habitude d’évoluer en dents de scie : « Si aujourd’hui c’est l’euphorie, il faut s’attendre tôt ou tard à se retrouver au creux de la vague ».
Gilles lui n’a pas été effrayé par le métier. Il y est tombé dedans tout petit, puisque son père et son grand-père avaient leur propre entreprise de maçonnerie. Natif de Gironde, après un brevet technique au lycée Cantau à Anglet, il est tout d’abord passé par des postes de chefs de chantier et de conducteur de travaux dans de grosses entreprises. « J’ai eu jusqu’à 85 ouvriers sous mes ordres ! ». Mais un beau jour, l’entreprise de maçonnerie qui les employait, lui et son épouse, a été mise en liquidation judiciaire. Un mal pour un bien pour les époux Despagne : « J’en ai profité pour terminer ma maison, chasser quatre palombes, ma vraie passion et j’ai ensuite créé ma société. J’en avais marre d’avoir constamment un chef au-dessus de moi ».

« Aidé par la Chambre de Métiers et un expert-comptable, j’ai été très surpris par la facilité à m’installer car on entend partout que c’est le parcours du combattant » s’étonne encore Gilles.

Depuis février 2002, l’affaire est rondement menée, avec ses 5 ouvriers et son épouse Véronique pour le côté administratif. Ses clients ? De riches couples qui se font construire des villas de 500m2 de surface habitable ou des promoteurs qui lui confient des constructions de petites résidences (une dizaine de logements) : « Des constructions toutes traditionnelles, avec des bons vieux parpaings et du béton ».

« Malgré le travail, on est aux 35 heures. Quand j’étais tout seul avec 85 personnes dessous, oui c’était dur. Mais là, je n’ai pas l’impression de travailler. D’autre part, j’ai tenu, en créant ma structure, à ce que les ouvriers soient considérés à leur juste valeur. Chez moi, un maçon gagne 1450 € net par mois ainsi que des primes. Je veux que chacun pense que c’est notre entreprise et soit intéressé à la qualité du travail réalisé ».

Un bilan remarquable, avec seul regret : celui de ne pas avoir osé franchir le pas plus tôt. « Si je pouvais, je signerais tout de suite pour 20 ans de plus ». Laurent Bergerou

Contacter :
Gilles Despagne
64 310 Ascain
Tél : 05.59.47.27.82

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Il prend son pied !

Daniel Bichot est maréchal-ferrant depuis 23 ans, un métier qui évolue.

Ils sont quatorze dans les Pyrénées-Atlantiques. Comment devient-on maréchal-ferrant, un métier rare et artisanal par sa spécificité ? L’un d’eux, Daniel Bichot, 45 ans, installé à Urt, maison Borde Maricoule raconte : « Mon père a fait la guerre dans la cavalerie. Il m’a expliqué que pour vivre correctement du cheval il n’y avait que deux professions : vétérinaire ou maréchal-ferrant. Dans mon enfance je consacrais mes loisirs au Centre équestre de Lalinde (Dordogne). A 17 ans, je travaillais comme étalonnier aux Haras nationaux de Pompadour (Corrèze), puis j’ai fait mon service militaire à Saumur. De là, je suis parti à Marseille où après deux ans d’école, j’ai obtenu mon diplôme de maréchal-ferrant. »
A 22 ans, de retour à Pompadour, Daniel Bichot y fait son apprentissage, rencontre Corinne, sa future femme, elle-même passionnée de chevaux, il la suit à Biarritz et débute ainsi sa vie professionnelle.
« Une petite révolution se prépare »
Aujourd’hui, il travaille avec plusieurs centre équestres du Pays Basque et du Béarn : les clubs hippiques de Biarritz, de Chiberta, d’Orthez, d’Oloron, de Saint-Martin-de-Seignanx et les étalons de sport des haras de Pau qui sont stationnés à Orthez : « Ce qui est important, dit-il, c’est de collaborer avec d’importantes structures, sinon ce métier n’est pas lucratif. Au fil du temps la confiance s’installe et cette relation se fidélise. On ferre les chevaux environ toutes les six semaines. Depuis une dizaine d’années, nous pouvons suivre l’évolution des techniques grâce à des rencontres avec les vétérinaires. On utilise des fers moins lourds, moins contraignants qui assurent mieux l’amortissement des chocs et le confort du cheval. Une petite révolution se prépare avec la création des résines : on ne clouera plus, on collera les fers, mais cela reste encore cher : quatre fois le prix actuel d’une ferrure qui est de 55 euros environ »

La méthode à la française avec l’aide d’un teneur de pied qui était pratiquée jadis jusqu’à la retraite est remplacée de nos jours par la ferrure à l’anglaise qui consiste à faire tout soi-même pour des raisons économiques. Daniel Bichot ne ferre pas à chaud, mais à froid en utilisant un fer à l’acier plus malléable.

Il commence par le parrage (couper la corne qui pousse pour mettre le pied bien d’aplomb par rapport au membre, sinon les articulations fatiguent et sont exposées à des lésions) ; il ajuste le fer et le broche (c’est la phase de cloutage) ; il rive (c’est la partie du clou qui dépasse du sabot et qu’il retourne pour accrocher le fer). Tout un art d’expérience, de précision, de sang-froid, en un mot de maîtrise. La maréchalerie est un métier difficile, physique en raison de la position du corps plié en deux, non dépourvu de risques, « mais, dit-il, à force d’être dessous on arrive à anticiper les réactions du cheval ». Des jeunes y renoncent. Pour sa part, il trouve encore le temps de gérer un gîte rural, d’élever des chevaux anglo-arabes pour la compétition et les loisirs et, avec l’aide de Corinne, d’entraîner leurs filles Sandy, 14 ans, et Justine, 10 ans à des concours hippiques où d’ailleurs elles excellent comme l’atteste leur palmarès, riche de plusieurs titres de championnes.

Chez les Bichot le cheval est roi. Christian Bombédiac


Contacter :
Daniel Bichot
Tél : 05.59.29.69.70
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La Blonde ?... On en mangerait!


A Laroin, Pascal Fillon peaufine ses morceaux de bœuf Blond d’Aquitaine, une appellation qui n’a que du bon…

« Le boucher est un homme qui sait parler aux femmes ! » déclare Pascal Fillon,
mais honni soit qui mal y pense ! Simplement, il souligne combien son quotidien ressemble à celui de ses clientes, puisqu’il cuisine ses plats cuisinés, fait lui-même son ménage, une boucherie se devant être toujours impeccable, et donc partage ces sujets de conversation avec l’élément féminin. D’ailleurs, ce sont les femmes qui achètent la viande, 95% de la clientèle, et pas seulement pour les beaux yeux du boucher, mais parce que cet homme là connaît son métier et sait les conseiller.
Le bœuf Blond d’Aquitaine a beau être « musclé comme un athlète, une viande faible en gras, pas très persillée, mais d’une tendreté exceptionnelle et d’un goût inimitable », il n’en a pas moins que 7 à 8 kilos de filet, le double d’un bœuf ordinaire, certes, mais pas de quoi ne vendre que ça. Au boucher, donc, et c’est son métier et son savoir-faire, de conseiller d’autres morceaux tout aussi goûteux, comme le « merlan », tendre, si tendre, pour des steaks à fibres courtes, bien différents de la bavette par exemple.

« La viande est une matière particulière, et c’est à nous de la rendre agréable à la vue, de donner envie aux gens d’en manger ». Et la viande, s’il l’aime, Pascal Fillon, elle le lui rend bien, là, sous mes yeux, dans l’impeccable vitrine, ce rouge sombre et brillant du filet, ce gras bien compact de la côte de bœuf… Même à l’heure du goûter, on en mangerait !

D’ailleurs c’est bien cette qualité qui a permis aux bouchers détaillants, « seulement 20% du marché de la viande en France », de s’en sortir. Pascal Fillon ne vend que du Bœuf Blond d’Aquitaine Label Rouge, une qualité irréprochable qui lui permet d’être un des seuls bouchers détaillants du département à fournir la viande à une crèche, celle de Laroin. « Nous sommes la vitrine de l’agriculture française, nous assurons la promotion de ses produits, et si nous disparaissions, les clients perdraient un interlocuteur », mais, dans un accès de doute, il ajoute :
« hélas, de moins en moins de gens savent reconnaître la qualité du travail », et ne voient, pourrait-on ajouter, que les 25 à 30% de plus qu’il faut débourser pour une viande supérieure.


Alors c’est vrai, Pascal Fillon, même s’il est passionné par son métier, reconnaît que : « si je devais choisir maintenant, je ferais peut-être autre chose ». Traumatisés par la crise de la vache folle, même si les clients sont vite revenus chez les bouchers artisanaux, ceux-ci ont du mal à faire face à la concurrence de la grande distribution. Parti à cinq heures du matin, rentré le soir à vingt heures, Pascal Fillon se reconnaît « travailleur, avec un caractère bien trempé », et, comme il est difficile de vivre uniquement de la boucherie, son activité s’est diversifiée avec plats cuisinés et charcuterie. Chorizos, saucisses sèches et même une exclusivité de saucisson « extra maigre », il choisit dans une entreprise familiale ses porcs, préférant les longes bien épaisses « ce qui signifie que l’animal a été mieux engraissé ». Traçabilité, qualité, les lasagnes au bœuf Blond sont bien tentantes… Marie Pascale Ollivier

Contacter :
Pascal Fillon
Tél : 05.59.83.11.80
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Scions, scions, scions du bois...

Pour Bernard Hagolle, il y a d’abord l’arbre, puis le tronc, et dans l’épanouissement des copeaux sur le sol, la planche, le piquet, le merrain…

« Il n’y a pas si longtemps, il y avait une trentaine de scieries dans un rayon de vingt kilomètres. Nous ne sommes plus que cinq ». C’est un constat un peu triste mais sans amertume que dresse Bernard Hagolle dans sa scierie d’Orin, près d’Oloron.

Une scierie familiale bien sûr, fondée par Sylvain le grand-père, à ne pas confondre avec Sylvain le père, un prénom sylvestre adopté par la dynastie Hagolle… Les temps sont durs mais pas désespérés, et Bernard, qui est tombé dans la sciure quand il était petit ne s’en laisse pas compter. « J’ai fait l’Ecole du Bois à Dax, mais surtout j’ai beaucoup regardé mon père. Même si on ne faisait rien dans la scierie, il voulait qu’on soit là parce que c’est en regardant qu’on apprend » Et Bernard a appris.

Il a appris à prendre le temps d’aller voir le bois quand il est encore un arbre, l’estimer, savoir le choisir. Il achète surtout du chêne, dans un rayon de quatre vingts kilomètres pour limiter les frais de transport. Avec ce chêne, on fait à peu près tout : « on tient parce qu’on est diversifié et qu’on répond exactement à la demande du client ». Alors Bernard, « scieur à façon » propose des traverses de chemin de fer, mais aussi de la charpente, du parquet, toutes sortes de planches.
Il achète de l’acacia pour les piquets de clôture, du merisier ou du noyer pour le bois d’ébénisterie, et puis bien sûr le merrain. Et là, Bernard attrape un merrain, cette planche de chêne destinée à faire les douelles de barrique. Son regard s’illumine. C’est que le merrain, ce n’est pas n’importe quoi. Il faut pour le faire le plus beau chêne possible, le plus cher aussi, « sans aucun nœud ni aucun défaut, avec un grain très fin ». Et ce chêne aussi doux que le satin, on le travaille parfaitement avec un savoir-faire particulier qui, même maîtrisé, n’évite pas le déchet : « il faut cinq à six mètres cube de grume pour faire un mètre cube de douelle ». Car au moindre défaut, l’œil exercé de Bernard met de côté la douelle incriminée : « il faut zéro défaut car les noeuds se rétractent plus vite que le reste du bois, et la barrique risque donc de fuir ». Ensuite, il faudra encore deux ou trois ans de séchage avant de finir en barrique. Y pense t’on seulement quand on boit un verre de Madiran ?

Y a-t-il un petit garçon qui regarde encore son papa dans la scierie familiale ? « J’ai deux filles, toutes petites ! » Et Bernard raconte la mauvaise santé de la filière bois : « nous sommes passés de quatre à deux salariés ». Depuis la tempête, le bois se vend à prix cassés, sans compter les pays de l’Est qui rentrent sur le marché « avec des bois de bonne qualité à faible coût de main d’œuvre ». Une concurrence importante qui touche même les espagnols, une bonne partie de la clientèle de Bernard.

Heureusement, les gens continuent à venir, attirés par le bouche à oreille et la réactivité de Bernard qui finit par bien connaître ses clients : « on sait ce dont ils ont besoin, quelle qualité ou quelle quantité de bois il leur faut. Quand je tombe sur un lot qui peut les intéresser, je les appelle. »


Il y a encore pour longtemps une scierie à Orin.
  Marie Pascale Ollivier 

Contacter :
Bernard Hagolle
Tél : 05.59.88.00.81
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Interview de Didier Loizeau, 9ème "Artisan de l'année" 2001
Sur le département, 32 artisans sont répertoriés en travaux de couverture et 88 en travaux de couverture-plomberie-étanchéïté, soit un total de 120 artisans sur le département...

Quel message auriez-vous à faire passer aux jeunes concernant votre métier ?
Il y a une pénurie dans les métiers de la toiture, c'est certain. L'orage de grêle de 99 et la tempête de décembre 2000 l'ont démontré. En février 2001, nous sommes encore en train d'effectuer des réparations...
Le message que je voudrais faire passer aux jeunes est le suivant : venez vers ce métier, il y a de l'avenir, des hommes qualifiés pourront vous former, les perspectives de carrière sont intéressantes et les salaires vont vers le haut. Donc pour celui qui est motivé, des hommes passionnés seront là pour transmettre leur savoir-faire et les conduire à mener une vie d'homme de métier.

Vous-même vous formez des jeunes...
Oui, l'entreprise a été crée en 1987, cela fait maintenant quatorze ans, et depuis, nous avons formé une trentaine d'apprentis. Tous les deux ans, nous avons deux apprentis en moyenne. Notre but est de leur mettre le "pied à l'étrier", c'est à dire que nous leur donnons la possibilité par une formation originale qui est celle des Compagnons du Devoir et du CFA de Gelos, de suivre leurs études sur deux ans en alternance. Ensuite, nous leur offrons la possibilité de se perfectionner -par le biais du Tour de France- et de travailler dans un certain nombre d'entreprises, ce qui leur permettra d'acquérir sur une dizaine d'années, un savoir-faire, des diplômes tels que le Brevet Professionnel, le Brevet de Maîtrise et peut-être de préparer le concours de Meilleur Ouvrier de France. Cela fera des hommes complets.

C'est donc un métier qui a des perspectives, dispose-t-il de marchés nouveaux ?
Oui, la construction aujourd'hui est en hausse, et surtout dans le neuf et la construction collective. La réhabilitation aussi est importante. Une toiture tient en moyenne quarante ans et le toit est refait trois à quatre fois avant que la charpente ne soit refaite. Les zones pavillonnaires construites il y a une vingtaine d'années constituent également un marché.

Et hors frontières...
Notre carnet de commande nous emmène jusqu'en mars 2002, ceci dit, l'expérience hors frontières est intéressante, cela représente une autre démarche technique. J'aime les choses nouvelles et il ne faut pas que je me couche le soir en me disant "tu n'as rien appris aujourd'hui" ! De plus, ma fonction sur le plan du compagnonnage m'amène à côtoyer des personnes intéressées par les marchés étrangers.

Y a-t-il une évolution dans les matériaux utilisés à l'heure actuelle ?
Oui, mais qui ne détrônent pas les matériaux traditionnels, qui sont au nombre de 28, tuile schiste, pierre, végétaux, bois... Ensuite, nous avons les matériaux composites (alliages avec poussières d'ardoise et métal, PVC,...) qui arrivent sur le marché, nous les mettons bien sûr en ouvre. L'école maternelle de Gan a été réalisée avec de nouveaux matériaux, par contre, pour la crèche, nous avons utilisé de la tuile vernissée -matériau qui remonte au XVIIIème siècle- Donc pour un même bâtiment, on peut voir ces deux matériaux.
Ceci dit on perçoit une évolution des métaux traditionnels, on l'a bien vu sur Pau, avec la réalisation du Palais Beaumont et dernièrement, nous venons de répondre à l'appel d'offre pour la réhabilitation du Couvent des Réparatrices, dont le toit est prévu en zinc bi-laqué.
Dans ce métier il n'y a pas que les matériaux classiques, nos réalisations le prouvent : toitures cuivre sur Pau, couverture en roseau pour la fromagerie des Chaumes..

Et la parité dans le métier ?
Je suis très attaché à la parité puisque je défend ce principe sur le plan du compagnonnage : l'acceptation des jeunes filles dans notre métier est très important. On doit être capable de les accueillir et d'avoir des aménagements. Cela permettrait au métier d'évoluer. D'ailleurs, le CFA des Compagnons du Devoir a formé une jeune fille en couverture (Melle CAMALOT), il y a deux ans.