Rechercher_sur_le_site  
:: Développement
    économique
:: Apprentissage : 
   conseil & formation
:: Veille stratégique 
:: Formalités administratives 
:: Centre de formation
:: Zoom sur l'artisanat 
:: Alimentation 
:: Bâtiment 
:: Production 
:: Services 
:: Portraits et témoignages
:: Pour l'artisan
:: Pour apprendre un métier
:: Prix 
:: Paroles d'artisans
:: Le mot du Président 
:: Les missions
:: Le fonctionnement 
:: Organigramme 
:: Les élus 
:: Les commissions
:: Le budget 
:: Liens utiles 
:: Contactez-nous
:: Consulter la lettre en ligne 
 

:: Portraits et témoignages ::

Sébastien Reizabal considère son métier comme un art. Il entend respecter la tradition.
SEBASTIEN ET LA TRADITION DU BOULANGER


« Si vous me demandez une tarte aux fraises en plein mois de mars, je ne vous la ferais pas. Il faut travailler avec les saisons. » 
Sébastien Reizabal, 18 ans, est comme ça. Cet apprenti, qui travaille dans une entreprise de Castétis, se fait une idée bien précise de son métier de boulanger-pâtissier. Ce jeune à la vocation précoce, qui cuisait son pain dans le four familial dès l’âge de 12 ans, sait où il va.
Mon but est de monter mon entreprise. Mais la boulangerie ne suffit pas. Alors, j’apprends la pâtisserie, le chocolat et les glaces.
Sorti deuxième du concours de meilleur apprenti boulanger d’Aquitaine, et nommé deux années de suite meilleur apprenti par la Chambre de Métiers, Sébastien veut s’engager sur la voie de la qualité et des bons produits. 
« Parce qu’il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton. Il y a aussi le savoir faire. On travaille un produit vivant. Je ne veux pas tomber dans la facilité de certaines entreprises qui « dopent » la pâte par souci de rentabilité. »
Pareille exigence n’est pas incompatible avec des outils modernes, explique-t-il. Un bon outillage facilite l’organisation et permet de gagner du temps. Et puis, l’important, c’est ce qu’il y a dans la pâte ».


Les emplois de l’artisanat à la Chambre de Métiers
CES ARTISANS QUI EMBAUCHENT


« Autrefois, lorsqu’un jeune ne savait pas quoi faire dans la vie, on lui disait : « Tu pourras toujours devenir boulanger ». C’est de moins en moins vrai. Avec le goût marqué des clients pour les produits variés et traditionnels, on peut trouver maintenant plus d’une quarantaine de pains dans un commerce. Ce métier exige des qualités. Il ne suffit pas d’avoir des mains. Il faut aussi avoir de la tête. »
Joseph Idiart, le président de la fédération départementale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie, est fier de sa profession. Et il l’exprime avec d’autant plus de satisfaction que la consommation de pain augmente en France (0,8 % en 2000). 
Quelques 290 boulangers et pâtissiers travaillent actuellement dans le département, où plus de 400 points de vente ont été ouverts, ajoute-il. La profession fournit ainsi un tiers des troupes des métiers de l’alimentation sur les Pyrénées-Atlantiques. Et elle se porte bien, merci… « Il est très rare qu’une boulangerie ferme », lâche le président, définitif.
Le métier reste-il pour autant attractif pour les jeunes ? « Un boulanger commence sa journée de travail à 4 ou 5 heures du matin. Cela dit, dans de nombreux commerces, on trouve souvent deux équipes qui se relaient. »
Quant au plaisir… « Voici trente ans, la profession a fortement été mécanisée. Mais on en revient. Pour répondre à la demande des clients, on fait beaucoup de façonnage. On travaille de plus en plus la pâte à la main. Et les craintes que l’on éprouvait dans les années 60 ont disparu. A cette époque, on nous affirmait que le pain industriel tuerait les entreprises artisanal?????A ?º??Èes. En l’an 2000, vous ne représenterez plus que 20 % des professionnels, nous prédisait-on. Or, nous sommes 71 % ! »


Les emplois de l’artisanat à la Chambre de Métiers
CES ARTISANS QUI EMBAUCHENT


« Bouchers cherchent apprentis »
« Boulevard Alsace Lorraine, à Pau, Henri Lahouratate croit, lui aussi, dur comme fer à l’avenir de son métier.
Ce maître artisan boucher enseigne au Centre de formation des apprentis. Et il souligne, désolé, le trop petit nombre de jeunes qui se lancent dans cette activité. « Sur le secteur de Mauléon, Orthez, Garlin, Pontacq, je n’ai que six apprentis. Alors que la demande est bien plus importante. Il ne se passe pas de mois sans qu’un ou deux bouchers ne me téléphonent pour me dire qu’il cherche un jeune »
La crise de la vache folle qui a secoué la profession n’a rien à voir là-dedans, affirme-t-il. Tout vient en fait de la méconnaissance que les gens ont de ce métier. « L’image du boucher qui porte des poids importants, qui fait un travail dur, est révolue. La mécanisation des abattoirs a changé beaucoup de choses. Les grosses structures appliquent les 35 heures (1). Boucher, c’est, en fait, l’une des professions les moins contraignantes de l’alimentation ».
Le contact avec le client vient en plus : » On parle beaucoup avec les gens. On les conseille aussi. C’est très enrichissant. Et une chose est sûre : chez nous, il y a du boulot à tous les niveaux ».

Les métiers du bâtiment ont amélioré leur image et recrutent

LE BATIMENT CHERCHE DES BRAS


« Ils sont maçons, plâtriers, carreleurs, charpentiers… Pas moins de 12 000 personnes travaillent en Pyrénées-Atlantiques dans les métiers du bâtiment.
Une activité qui, depuis quelque temps, a le vent en poupe. En particulier lorsqu’il s’agit de réhabiliter des logements.
« Ce travail représente 75 % du marché de l’artisanat », rappelle Daniel Parent, le président de la CAPEB Béarn et Soule. « Le reste concerne surtout la construction de maisons individuelles. Le fait que la TVA appliquée à tous les travaux d’entretien soit passée de 19,6 % à 5,5 % a beaucoup arrangé les choses. Tout en présentant l’énorme avantage de mettre un frein au travail au noir ».
Il n’en reste pas moins que le bâtiment continue à se heurter à un problème de taille : le manque de main d’œuvre. Pour essayer de séduire les jeunes, toute une réflexion a donc été engagée par les organisations professionnelles et la direction départementale du travail.
Salaire et sécurité. « Amener les jeunes vers le métier passe d’abord par une revalorisation des salaires. C’est ce qui se passe depuis deux ou trois ans » dit le président de la CAPEB. « Les rémunérations ont augmenté de 7 à 8 %, avec la volonté d’accroître le salaire des personnes qualifiées. »
Un fort accent a par ailleurs été mis sur les règles d’hygiène et de sécurité au travail. « D’énormes progrès ont été faits. Avant de démarrer, un chantier est pensé en amont. Une procédure est établie. Des précautions sont prises, qui concernenA??z?9??Ÿ9??Ÿ9?t par exemple les échafaudages, les engins de manutention, le port du casque… Autant de choses très basiques, mais qu’il est nécessaire de répéter sans cesse. »
« De même, on trouve aujourd’hui des WC sur un chantier, ainsi qu’un point d’eau et un endroit où se changer. » Le genre de détail qui a, lui aussi, son importance. « Pour battre en brèche l’image négative, et peu attrayante, que les jeunes et leurs parents se faisaient du métier ».
Carrière. Par ailleurs, les jeunes qui en veulent peuvent voir leur carrière évoluer. « On peut accéder de diverses manières à un métier du bâtiment. Par le biais du CAP, du contrat de qualification, ou d’autres moyens… Sachant également qu’il nous faut des gens d’un bon niveau. Des personnes qui vont poursuivre leur formation, prendre des responsabilités dans leur travail. Et pourquoi pas, se mettre un jour à leur compte ? »
Une perspective d’autant plus intéressante qu’un grand nombre de responsables d’entreprise artisanale ont dépassé les 50 ans dans le département ; et qu’un relais est à prendre. « La Chambre de métiers et les organisations professionnelles y travaillent, en mettant en relation des gens qui arrêtent leur activité et des repreneurs potentiels ».
Bref, « le bâtiment a changé » conclut Daniel Parent. « Ce secteur d’activité, qui applique aussi les 35 heures, n’a plus à rougir devant d’autres professions. Il s’est pris en main ».

Bois, textiles, métaux… des métiers ayant besoin de s’adapter.
LA TRADITION ET LES NICHES


« Le poids de la tradition ou l’esprit de la nouveauté. S’il leur fallait un slogan, ce serait celui-là. Près de 20 000 entreprises artisanales « de production » existent dans les Pyrénées-Atlantiques. Parmi elles, on retrouve aussi bien les métiers du bois et du meuble que ceux liés à la décoration, au textile, au travail du métal. Bonjour la diversité !.
Sans parler des producteurs de conserves ou bien des métiers d’arts qui réunissent potiers, tisserands, tailleurs de pierre… et l’on en passe.
Leur force ? « C’est celle de l’artisanat : le sur mesure et le travail de qualité », explique Isabelle Ayrem, chargée de projet à la Chambre de Métiers. Cela n’empêche pas, reconnaît-elle, certains artisans d’avoir parfois quelque difficulté à s’adapter à l’évolution d’une clientèle exigeante, qui va vite et s’intéresse à des produits de plus en plus « personnalisés ». 
L’ameublement en fournit une illustration. Là ou les uns vont être tentés de gérer un fichier clients et à travailler comme ils l’ont toujours fait, d’autres chercheront plutôt à diversifier leur activité. « Ce qui les amène par exemple du meuble sur mesure à l’agencement de cuisines. Ceux-là s’en sortent bien ».
« Des marchés existent ». Tout comme les métiers du meuble, la filière textile a, elle aussi, hérité d’une longue tradition béarnaise.
Et, comme la filière bois, elle voit ses effectifs diminuer. En se posant les mêmes questions. « Il existait autrefois des productions fortes avec le béret, les tissus, les chaussures. Ce n’est plus le cas. Le nombre des entreprises artisanales a diminué de 27 % en dix ans », constate-t-on à la Chambre de Métiers. 
« Des couturiers demeurent. Mais essentiellement pour fabriquer des vêtements féminins sur mesure. En revanche, si la production baisse, les services, eux, augmentent. D’où l’apparition de nombreux magasins de retouche, où l’on vient recoudre des vêtements bas de gamme achetés en prêt-à-porter. 
« Les artisans auront de plus en plus de mal à se battre contre des produits standards, vendus à bas prix. Mais des marchés existent. D’où l’importance pour eux de travailler aussi leur positionnement et leur image. »
« Une autre logique ». Cette nécessité de se diversifier, et d’occuper des « niches » économiques bien précises, vaut aussi pour les métiers liés au travail des métaux. Un secteur où de nombreux sous-traitants restent dépendants de l’industrie aéronautique, et de ses sautes de régime. Résultat : « Quand on se retrouve dans un creux d’activité, c’est la panique. »
« Se diversifier demande d’entrer dans une autre logique que celle du vendeur d’heures de travail » note Isabelle Ayrem. Avant de souligner la vitalité de PME qui « tirent leur épingle du jeu » pour s’être spécialisée dans la fabrication de machines outils ou le traitement-revêtement de métaux… « Des gens qui ont une force. Car ils sont capables de faire ce que d’autres ne savent pas faire ».
 Les métiers de service se développent dans le département
LES SERVICES ONT LA COTE


« Il y a des chiffres qui parlent. En dix ans, le nombre de fleuristes installés dans le département a quasiment doublé. Il en est de même pour les magasins de toilettage d’animaux de compagnie. Quant aux coiffeurs qui se déplacent à domicile, ils ont vu leurs effectifs tripler. On en dénombre aujourd’hui 73.
Ces quelques exemples illustrent bien le « boom » que connaissent les activités de service. Des métiers très variés, qui vont de la blanchisserie à l’ambulance, et qui représentent plus de 3 000 entreprises locales. Un tiers des artisans des Pyrénées-Atlantiques !
Installé à Oloron, où il dirige un garage automobile, Alain Boy est un peu le « Monsieur Services » de la Chambre de Métiers. « De nouveaux métiers se créent » dit-il. Avant de prendre pour exemple, dans un domaine qu’il connaît bien, les interventions faites sur des moteurs truffés d’électroniques par des mécaniciens devenant de plus en plus des « techniciens ». 
Parce que les voitures sont plus fiables, parce que leur rythme d’entretien est passé de 5 000 à 15 000 kilomètres, le travail traditionnel du mécano évolue, explique-t-il. « La panne mécanique traditionnelle a tendance à diminuer. Tandis que l’on est amené à intervenir plus souvent sur des problèmes de circuits électroniques ». Du coup, le métier change et s’oriente plus vers le diagnostic. « Ce qui exige aussi des gens qualifiés, avec un niveau qui part au moins du brevet de technicien, et amenés à utiliser un outillage performant. »
Convaincre les parents. Un métier bien payé ? « Le salaire est supérieur d’environ 20 % à celui d’un mécanicien classique. Parce que la qualification le justifie, mais aussi parce que les candidats ne sont pas encore très nombreux sur le marché » répond Alain Boy. Qui reconnaît d’ailleurs que, d’une entreprise à l’autre, le personnel qualifié est vite repéré et …sollicité par la concurrence. « A un moment, on a ainsi assisté à pas mal d’échanges sur le bassin de Pau. »
A ses yeux, le problème consiste cependant moins à séduire les jeunes qu’à convaincre des parents « qui veulent que tous leurs enfants deviennent avocats ».
Des freins que la profession essaie de gommer, en rappelant que –justement- les choses évoluent, et que « la blouse bleue commence à être remplacée par l’ordinateur ».
Un conseil est dès lors donné aux jeunes par le garagiste d’Oloron. Un seul. « Un métier se fait par passion. Sinon, c’est long ».
Quoi qu’en disent les parents… »